Ah! La fameuse gestion des tablettes! On fait quoi avec ça, nous autres, les parents ? C’est-tu bon ou pas ? On achète-tu la paix avec ça ou non ? Est-ce que je la leur laisse trop ? Pas assez ?

Pour certains, c’est le démon. Pour d’autres, c’est juste normal. Priver nos enfants de la technologie serait aussi incongru que d’empêcher les enfants du début du siècle dernier d’utiliser une bêche, une faux ou encore un métier à tisser.

Il est vrai que les avis sont plutôt partagés sur le sujet. Même ici, ma femme et moi, on a dû s’entendre là-dessus, car les deux, au départ, on ne s’accordait pas vraiment. 

Mise en contexte : ma femme a grandi sans avoir d’ordinateur ni de console de jeux vidéo. Pour elle, les écrans ne sont clairement pas essentiels dans la vie d’un enfant. Surtout, elle n’aime pas voir ses enfants dans un état semi-végétatif quand ils utilisent une tablette, des jeux vidéo ou qu’ils sont devant la télévision.

Pour ma part, j’ai eu plusieurs consoles de jeux en jeune âge et j’ai eu accès à un ordinateur très jeune. Je pourrais même dire que j’ai appris mon alphabet avec un clavier d’ordinateur, ce qui était rare au début des années quatre-vingt. J’ai, pour ainsi dire, toujours baigné dans le binaire et les pixels. Heureusement que mes parents exerçaient quand même un certain contrôle là-dessus!

Donc, quand nos enfants ont vieilli, je ne voyais pas vraiment de mal à les initier à la technologie via la tablette ou les jeux vidéo. Pour moi, ç’a été un avantage, en vieillissant, d’avoir une facilité avec différentes technologies. J’avais donc de la difficulté à bien comprendre le point de vue de ma femme. 

Il y a quelques années, quand nos enfants avaient un bon comportement, que  leurs tâches et leur routine quotidienne étaient faites, ils avaient droit à une période de tablette quotidienne de 30 à 60 minutes.

Je l’avoue, je ne détestais pas cela. C’était le moment de la soirée où la quiétude du nid familial me permettait de m’adonner à mes petits loisirs égoïstes. Je me disais qu’au nombre d’enfants qu’on a, on a bien le droit à heure de break dans notre journée.

 

Par contre, au fil du temps, ma femme continuait de me démontrer à grand coup d’exemples concrets que le comportement de nos enfants était atteint. Le genre d’arguments qui mettent K.O. le pro de la répartie que je suis habituellement. Je me suis vite retrouvé à court d’arguments solides. Du bout des lèvres, j’ai fini par admettre que ma femme avait probablement raison…

Voici donc les observations de l’impact des écrans sur nos enfants dans la vie de tous les jours…

Pour certains,  on a constaté des changements négatifs dans leur caractère ou leurs comportements. Ils étaient soit plus boudeurs, plus paresseux, moins patients, ils se chicanaient plus entre eux et leurs tâches quotidiennes leur paraissaient comme une montagne à escalader… On a même constaté des excès d’agressivité qu’on ne voyait pas avant.

Une des choses les plus dérangeantes était que tout tournait toujours autour de la tablette. Ils faisaient toujours tout en conséquence de l’obtenir plutôt que de faire ce qui devait être fait sans rien attendre en retour.

Même nous, on s’est surpris à les faire obéir à grands coups de menace tabletière : « Si tu ne fais pas ce que je demande, tu n’auras pas la tablette! »

Honnêtement, ça s’est mis à me taper sur les nerfs et, ma femme et moi, on ne trouvait pas cela sain du tout.

Puis, un jour, ma femme m’a dit : « Là, ça suffit ! On essaie quelque chose : on ne leur donne pas la tablette de la semaine ! »

J’ai dit « OK ! » (Quand elle y va à grand coup d’affirmation comme ça, mon instinct de survie embarque et j’écoute… 😉 )

Eh boy ! Je vous laisse imaginer la réaction des enfants! Je pense que ça aurait été moins pire de leur annoncer que Noël est annulé cette année, à cause de la Covid !

Malgré nos explications, ça a quand même pris quelques jours avant que les enfants cessent de nous la demander et de pouvoir constater des changements dans leurs comportements.

Lors des périodes de jeu, on a vite constaté que leur imagination, leur patience et surtout leur capacité à persévérer devant un problème avaient augmenté considérablement.

Finalement, quand on constaté l’impact sur nos enfants d’avoir coupé la tablette durant la semaine, on à décider d’un commun accord de continuer ainsi.

On a également gardé la discipline parentale acquise de ne jamais traîner les tablettes lors de sorties au restaurant, en vacances, dans la famille… La tablette, ça reste à la maison, point final! On veut que nos enfants sachent se tenir dans les restaurants ou en visite autrement que parce qu’ils ont la tablette qui leur monopolise le cerveau.

Observer tout cela m’a fait me poser des questions : qu’y a-t-il, là-dedans, qui crée les mauvais comportements constatés ?

Je ne suis clairement pas un expert, mais j’ai ma petite théorie personnelle sur le sujet qui pourrait expliquer quelques-uns d’entre eux .

Avec la tablette, quand un jeu est trop dur, tu le fermes et t’en ouvres un autre. Tu fais une erreur? Tu quittes et tu recommences! La vidéo YouTube est plate? Tu cliques sur l’autre d’après! Tout est rapide et instantané. Les enfants n’ont pas à attendre. C’est vite, tout de suite et sans limites!

 Mais dans la vraie vie, en général, ça ne marche pas comme ça !

Je me dis donc que ça explique peut-être pourquoi leur patience, leur tolérance et leur humeur s’en voyaient altérées dans la vie de tous les jours. Il y a aussi qu’à part certains jeux, la plupart ne nécessitent aucune imagination : tu fais ce que le jeu t’impose, et tu es pris dans sa structure et ses limites. L’aspect créatif est beaucoup moins présent que dans les jeux conventionnels comme les Lego, les petits soldats, les voitures, les poupées, jouer à cuisiner ou à construire sa propre cabane.

Je ne diabolise aucunement les écrans de toutes sortes. Loin de là. Mais je crois que, comme toute chose, ça prend un équilibre.

Dans notre cas, l’équilibre, on la trouvé en leurs autorisant des périodes de tablette la fin de semaine, quand ils ont obtenu le bon nombre d’étoiles dans la semaine (voir mon texte sur nos tableaux de routines) ou lors d’occasions spéciales.

Et, très important, c’est seulement quand NOUS décidons que c’est permis. Sinon, ils n’y ont tout simplement pas accès.

Car ici, on a mis quelque chose au clair dès le départ : ils ont chacun une tablette attitrée, mais elle ne leur appartient pas et elle doit TOUJOURS revenir à la station de charge lorsque la période de donnée est terminée. Ça évite d’entendre des : « C’est ma tablette! Je fais ce que je veux! », ou de leur donner l’opportunité de l’utiliser sans notre consentement… Chez nous, les tablettes nous appartiennent ainsi que le contrôle sur l’utilisation qu’ils en font.

Et qu’en est-il d’acheter la paix pour les parents ? Il est rendu où mon moment de tranquillité ? Eh bien, croyez-le ou non, j’ai à peu près le même temps qu’avant. C’est-à-dire que… je n’en ai peu près pas ! Hahaha ! Sérieusement, c’est pas mal pareil. 

La seule différence maintenant, c’est qu’on leur demande d’aller jouer dans la salle de jeux ou dans leurs chambres, d’aller jouer dehors, de lire un livre… Donc, plutôt que de jouer sur la tablette, ils jouent à des jeux d’enfants, comme devrait être en mesure de le faire n’importe quel enfant…

Jean-François Lacombe

#l’autrejeff

 

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