Nos enfants nous ressemblent, pas seulement physiquement, mais ils héritent également de certains traits de notre caractère et d’aspects de notre personnalité bien à nous.

Mon fils Bastien, l’aîné de notre fratrie à hérité de mon côté sensible.

Du plus longtemps que je me souvienne, j’ai toujours été un petit garçon sensible. Je me rappelle même qu’à mes 10 ans, ja’i pleuré lorsque mes parents ont été chercher leur nouvelle voiture chez le concessionnaire. J’étais triste, car c’était la dernière fois que j’allais voir notre bonne vielle Mazda bleue. La voiture familiale qui nous avait trimbalé si longtemps.

J’ai aussi toujours aussi eu un petit malaise avec la mort. Pas qu’elle me fait peur, mais elle est souvent accompagnée d’un regroupement de gens endeuillés au salon funéraire. De me retrouver entouré d’autant de tristesse m’a mis mal à l’aise durant plusieurs années.

En vieillissant, j’ai mûri et apprivoisé ce malaise mais il persiste un peu toujours. 

Cet été, mon fils à trouvé, lors d’une journée baignade, un joli papillon blessé au bord de notre piscine. 

Le pauvre papillon avait une aile abîmée et détrempée. Il était privé de sa merveilleuse faculté de volé.

Mon fils avec son grand cœur a voulu le soigner et s’en occuper.

Étant une de ses principales sources d’information, il est venu à ma rencontre pour s’enquérir de mes précieux conseils en « papillologie » (oui, j’ai inventé ce mot-là)

J’ai alors expliqué à mon fils que le mieux qu’il pouvait faire pour aider son ami le papillon, était d’aller l’installer tranquillement dans nos platebandes près de l’endroit où il l’avait trouvé. De le placer sur une belle plante ou encore sur une belle fleur pour lui donner la chance de sécher ses belles ailes abîmées au soleil.

Il m’a demandé si son ami papillon allait s’en sortir indemne. Étant incapable de lui mentir, je lui ai expliqué que si un papillon ne peut voler, il a malheureusement très peu de chance de survivre.

Son désir de sauver son nouvel ami était tel, que face à des conseils aussi simples et un sort scellé, il a jugé bon de faire ce qu’il pensait être le mieux pour aider son nouvel ami papillon.

Rempli de ses meilleures intentions, il flatta doucement son ami papillon, ensuite tout en lui parlant et en le rassurant, il entreprit de lui construire une petite cabane pour le protéger des vilaines fourmis et autres prédateurs. 

Durant cet après-midi ensoleillé, j’ai à maintes reprises expliqué à mon fils que bien que ses intentions étaient nobles, ses actions risquaient d’écourter la vie de notre nouveau compagnon ailé.

Je n’ai pas insisté davantage, car je crois que parfois dans la vie, certaines leçons s’apprennent plus rapidement de nos propres expériences et de nos échecs.

Finalement, il arriva ce que j’avais douloureusement prédit à mon fils. À force d’un surplus d’amour et de ses trop nombreux soins, notre ami papillonnent parti mais cette fois, pour voler vers un ultime voyage sans retour.

La tristesse de mon fils fut beaucoup plus forte que j’aurais pu l’imaginer. 

Il avait mis tant d’efforts dans son opération de sauvetage que la douleur et son attachement envers cette petite beauté de la nature étaient très puissants.

J’ai dû le consoler de tout mon amour. 

Mr le papillon ma contrit d’avoir une discussion sur la mort avec mon fils. Je lui ai expliqué le plus simplement possible que la mort fait partie de la vie. Qu’il est même possible de voir une certaine beauté dans celle-ci; que nous venons de la terre et que lors de notre mort, nous retournons à celle-ci. Par la suite notre enveloppe corporelle peut servir à récréer la vie sous d’autres formes, que ce soit par les insectes, les plantes, l’herbe ou les arbres.

C’est le cycle de la vie, c’est ce qui la rend belle mais c’est ce qui nous oblige aussi à en profiter le plus possible.

Je lui ai aussi dit qu’en quelque sorte, son ami papillon ne sera jamais mort tant qu’il restera dans son cœur et dans ses souvenirs. 

Un simple papillon aura avec sa mort, suscité une de mes premières discussions profondes avec mon fils et il m’aura forcé à mieux verbaliser ma propre compréhension de celle-ci.  

Ne soyez pas surpris si un jour, vous passez par chez moi et que vous apercevez une petite pierre tombale dans les plates bandes de notre piscine. 

Elle fut faite par mon fils endeuillé avec amour.

Elle y restera pour qu’il se rappelle de son ami papillon et pour que moi, je me souvienne que la mort peut aussi être remplie de surprise et qu’il ne faut jamais sous-estimer un être vivant, même s’il est aussi simple qu’un petit papillon.

Jean-François Lacombe 

(l’autre Jeff)

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