Ouf, les dernières semaines auront été pénibles et éprouvantes pour ma grand-mère et je n’aurai jamais eu autant de difficulté à assumer que 300 kilomètres nous séparent que pendant la période des fêtes.

Tout s’est passé tellement vite! Cette femme auparavant si forte, si autonome et en si bonne forme physique est rapidement tombée malade et fut retrouvé étendue sur le plancher de son appartement par son fils dans un dangereux état de fatigue et de confusion. 

Juste avant Noël, j’étais devenu très inquiet, car je n’avais pas eu de ses nouvelles depuis plusieurs jours et c’est finalement en recevant un appel de la femme de mon père, avec qui je n’avais pas parlé depuis près de 10 ans que j’ai finalement appris ce qui s’était passé.

Elle aurait chuté dans la salle de bain et n’aurait pas été en mesure de se relever ou d’appeler des secours. Je n’ose même pas imaginer l’angoisse et la peur qu’elle a dû ressentir avant d’être finalement secourue.

Elle a passé la période des fêtes à l’hôpital Verdun dans une section tellement vieille, insalubre et vétuste que lors de notre visite, on aurait facilement pu se croire en Afghanistan. Des poubelles pleines de couches souillées partout, aucune décoration de Noël, pas de salle de bain dans sa chambre, un décor qui avait le même âge qu’elle et l’odeur, ouache l’odeur; c’est pas mêlant, après l’avoir serré dans mes bras lors de mon départ, j’avais l’impression de la laisser dans un mouroir comme un chien qu’on abandonne chez le vétérinaire pour recevoir sa piqure. J’ai failli la kidnapper et la ramener à Québec.

Une chance que grâce aux bons soins de son fils, elle n’y est pas restée longtemps et a pu recevoir son congé en vitesse, mais suite à cette mésaventure et devant un diagnostic probable d’alzheimer et de perte d’autonomie, elle n’aura pas pu retourner dans son appartement. Il est devenu trop dangereux pour elle d’habiter dans un logement sans soin ni service et ce que j’aurais cru auparavant prendre plusieurs mois ou même des années s’est malheureusement produit en quelques semaines à peine.

Même si elle va maintenant beaucoup mieux, elle est restée légèrement confuse depuis l’incident, elle commence à avoir des troubles de la mémoire et de perception du temps et peut avoir des réactions qu’on associe normalement à l’enfance.

C’est presque invraisemblable à quel point en peu de temps, ma grand-mère est passée de prendre le bus seule pour aller à l’épicerie ou chez le médecin, de gérer ses comptes de banque et son budget et de vivre en parfaite autonomie à cet état de dépendance et de fragilité.

Je croyais que ça prendrait du temps, qu’elle avait encore plusieurs belles années devant elle et qu’on continuerait de visiter grand-maman dans son petit logement plein de chocolats encore longtemps, mais le son du glas a retenti et grand-maman, bien qu’encore enjouée et énergique, s’est affaiblie vitesse “grand V.”

Câline, pas plus loin que cet été, elle marchait avec nous jusqu’au parc et jouait avec mon fils de six ans comme si elle avait le même âge que lui!

Je l’ai visité dans les derniers jours et malgré qu’elle habite maintenant une luxueuse résidence avec soins, infirmières, service de repas et autres commodités, je n’ai pas pu m’empêcher d’être attristé de la voir fréquenter des gens beaucoup plus “mêlés” qu’elle et surtout de réaliser lors de mon départ, qu’il y avait un code pour prendre l’ascenseur et que les pensionnaires de son aile étaient confinés à une toute petite partie du bâtiment.

Attention, on est loin d’une prison! L’endroit est génial et il y a beaucoup d’activités dans le grand-hall du r.c. où les pensionnaires ayant besoin de soins comme elles sont souvent invitées, mais quand tu réalises qu’il y a quelques mois, elle repartait seule de chez moi en train pour retourner à Montréal, je trouve la marche haute en maudit. Ou basse, c’est selon…

Je comprends la logistique de la chose et il est tout à fait normal que des mesures de sécurité de la sorte soient nécessaires pour protéger des gens dans sa condition, mais ça reste tout de même déprimant et triste. Incroyablement triste. 

Bref, lors de ma trop courte visite, j’ai été ému et touché de me promener partout avec elle et j’en ai profité pour la sortir de son étage spécialisé et faire une grande promenade.

Vous auriez dû nous voir, bras dessus bras dessous, arpenter les couloirs et le grand hall tandis qu’elle me présentait à tout le monde avec de grands yeux fiers et plein d’amour. “Regardez, lui c’est mon GRAND petit-fils de Québec” qu’elle disait à tout le monde avec le torse bombé d’une dame fière d’être à mon bras. “ Il a quatre beaux enfants roux lui!”

Je me sentais un peu mal à l’aise et même gêné devant tant de bravades, mais ça semblait lui faire tellement plaisir que je me suis prêté au jeu et on a fait le grand tour ensemble. 

Je ne crois pas qu’elle comprenne bien la raison de sa présence sur cette aile, mais une chose est certaine, elle s’y plait énormément et c’est la seule chose qui compte.

Comme ma grand-mère a toujours été un bourreau de travail et adore la propreté, le staff là-bas la laisse travailler avec eux et elle adore faire la vaisselle après les repas pour discuter avec les employés. Sa chambre est tellement propre qu’on pourrait y manger par terre!

– À part le vieux niaiseux qui n’arrête pas de me prendre pour sa femme, j’aime ben ça icitte, qu’elle me glisse à l’oreille pour me rassurer avant mon départ. Je l’ai laissé sur cette boutade après une longue étreinte avant de repartir pour Québec et même si au fond de moi, je remercie la maladie de l’empêcher d’avoir conscience de tout ce qui s’est passé dans les dernières semaines, j’ai aussi le coeur en lambeaux en pensant à ce qui s’en vient.

La perte d’autonomie, la mémoire qui flanche, l’incontinence, la démence, ne plus reconnaître les siens…

On prie tous pour le salut et la longévité de ceux qu’on aime, mais même si l’on sait que la fin est inévitable, c’est seulement quand elle nous pend vraiment au nez qu’on devient pleinement conscient de ce que cette fin signifie. Le départ de la grand-maman la plus bad ass de Montréal.

En cette journée de sensibilisation à la maladie mentale et ces effets, oui vous pouvez utiliser un hashtag sur les médias sociaux et aider la cause, mais vous devriez surtout poser un geste concret, un geste en dehors du web, dans le “vrai monde” et appeler un être cher simplement prendre des nouvelles et lui dire que vous pensez à lui ou à elle.

Parce qu’on ne sait jamais quand il sera trop tard et que le coup de fil qu’on a tant de fois remis à plus tard restera maintenant sans réponse. 

#coolgrandman

Produits

Instagram

  • Lui ❤️
On a comme des airs tsé!
Je ne sais pas comment il a réussi à mettre son pied dans notre photo 😂
  • Tradition familiale. Le choix de notre sapin NATUREL 🎄
Oui c’est du trouble, oui on ramasse des aiguilles tout le mois de décembre, mais cette odeur ❤️ Vous êtes plus sapin en plastique ou vrai salin?
  • Jouer au coiffeur avec ma petite carotte d’amour ❤️
Maudit qu’elle est belle et unique.
#ginger #redhair #bb4
  • La boutique Cool Dad est ouverte et remplie de nouveaux produits...
Tsé, juste à temps pour 🎁🎄😱 Le lien est dans ma bio ☝️
cooldad.ca

J’en profite aussi pour vous présenter Mélissa, la femme de Jeff (mon nouveau partenaire) une amie et une mère dynamique de six enfants!
  • Je ne voulais pas de hamster!
Mais maintenant que le reste de la famille m’a tordu le bras...
Autant s’amuser un peu 😂

suivez-moi !