Un enfant difficile à aimer

Cela m’attriste beaucoup, mais oui, un de mes enfants est difficile à aimer. Elle est pourtant si belle, attachante, intelligente, drôle et vive d’esprit. Malgré cela, constat d’échec paternel, elle me tombe parfois sérieusement sur les nerfs !

Elle parle fort, se plaint constamment de tout et de rien, explique beaucoup trop chaque petite chose ou événement de sa journée dans les moindres détails et fond en larmes pour à peu près rien : parce qu’il y a un fil qui dépasse de son chandail, parce que son ketchup a touché à son « Pogo » dans l’assiette, parce que le savon coule au fond du bain. Bref, parce que, point.

Je devrais quand même vous mettre en contexte. J’ai 4 enfants : deux filles de huit et 7 ans,  un garçon de 5 ans et une petite nouvelle de 2 mois… Oui, on est dans l’jus !

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L’ainée, c’est celle qui veut plaire à tout prix et juste être aimée. Toujours aidante et prête à mettre la main à la pâte pour ramasser la maison ou s’occuper de son petit frère lorsqu’on a les bras pleins.

Le plus jeune, c’est notre petit clown national, souriant et farceur. Il est toujours à deux doigts de faire semblant de tomber ou de faire un petit pas de danse tout croche pour nous amuser. Velcro de maman à temps plein, il est un peu bébé pour son âge, mais comme c’est le dernier…

on s’en fout !

La petite du milieu, elle, est on ne peut plus différente des deux autres. Entêtée et moqueuse par moment, elle a tout un caractère et c’est la seule des trois qui fait des crises du bacon. Elle vient de commencer la maternelle et à chaque retour de l’école, c’est comme si elle revenait endurcie d’un séjour à l’ombre (ça veut dire en prison).

Mes interactions avec elle sont souvent teintées d’une impatience cumulée la veille dont je semble ne pas être en mesure de me départir pendant la nuit. Un genre de fatigue accumulée. Peu importe la journée que l’on a eue, en famille et de quelle façon elle s’est terminée, avec les deux autres, les cadrans repartent à zéro le matin. Mais avec elle, je suis toujours un peu à vif. 

Quand le matin, elle me lance sèchement, une fois le bol de céréales servi, que « c’est pas ça qu’elle voulait dans le fond ! » C’est comme si je m’y attendais, j’étais presque prêt à être fâché.

Le soir venu, je me surprends parfois, après avoir réussi à tous les coucher (3 verres d’eau, 4 pipis et 2 faux cauchemars plus tard) à passer en coup de vent dans sa chambre pour le dernier bec, au lieu de prendre le même temps qu’avec les autres pour discuter et rire un peu.

Et ça, c’est quelque chose qui me déçoit vraiment.

La vérité

Mais j’ai récemment compris quelque chose à propos de notre relation tumultueuse que je ne voyais pas avant. Ça m’est apparu tout d’un coup, pendant une petite séance de jogging où je m’impatientais contre un tapis roulant qui faisait des siennes et un lacet de soulier récalcitrant.

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