Ça commence avec ton cadran, qui annonce le début de ta course matinale et qui sonne au moins une heure et demie trop tôt à ton goût. Le “snooze” t’as pas le goût de peser dessus, t’as le goût de l’écraser avec un marteau de démolition.

Puis, les yeux collés, tu fais ton chemin vers la salle de bain, courbaturé comme si t’avais lutté avec Georges St-Pierre dans ton sommeil. C’est une évidence, t’as plus vingt ans!

C’est ensuite le temps de réveiller les p’tits, qui eux aussi auraient dormi un peu plus, tsé c’est la semaine!

Parce qu’on sait bien que le weekend, ils seraient déjà debout à faire un vacarme épouvantable et à te supplier de leur faire à déjeuner.

En vitesse, tu leur garroches des toasts et un verre de jus d’orange pendant que ton café coule, le seul moment où il sera chaud en ta présence aujourd’hui. Tu sors les vêtements, tu joues au coach du brossage de dents et tu cours à la recherche.

À la recherche du livre que ton gars doit ramener à l’école aujourd’hui, à la recherche de la 2e mitaine introuvable, parce que c’est trop dur de mettre deux mitaines ensemble quand ils les enlèvent.

À la recherche de tes clefs, à la recherche de ton portefeuille, à la recherche de ton cell etc.

Dans le fond, t’es surtout à la recherche de ton temps et de ton énergie, qui sont probablement à la même place que ta libido et ton chargeur de cellulaire, partie en voyage autour du monde pour une couple d’années. Mais inquiète-toi pas, ils prévoient revenir, quand ton plus jeune devrait fêter son 10e anniversaire!

Tu réussis finalement à sacrer tout le monde dans ton char tout sale, sans vraiment avoir eu le temps de t’arranger et surtout, sans avoir pris ta première gorgée de café. C’est le moment que choisit alors un des petits pour te faire une crise parce qu’il veut attacher sa ceinture tout seul!

“J’suis capable!”

Tu regardes l’heure, comme le compte à rebours d’une bombe et tu penses au trafic qui t’attend. Pas l’temps de niaiser!

C’est le départ pour la “run” de lait, garderie, école, let’s go! Ça pleure en arrière parce qu’écoeuré d’attendre en le regarder taponner la ceinture, tu l’as bouclée à sa place et t’as gâché son matin.

En arrivant au c.p.e., il se décide alors d’arrêter de pleurer et il te fait les yeux doux, histoire d’être cute au coton et que tu te sentes cheap toute la journée en repensant à sa maudite ceinture.

Tu gagnes enfin l’autoroute, plus tard que tu aurais aimé et comme des milliers d’entre nous, tu prends ta première bonne inspiration du matin et tu trouves ta place dans le putain de trafic en te demandant, comme trop souvent, c’est quoi cette vie de fou là qu’on a choisie.

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Pendant qu’un maudit toton pressé te coupe pour gagner 3 places et arriver 1 minute plus tôt à sa job, tu déplies le bras vers la console, tu empoignes ta tasse thermos et tu portes à tes lèvres le breuvage de ta rédemption, ton nectar d’énergie, ton café froid de misère!

Tu le sirotes prudemment, parce qu’hier t’en as mis partout sur ton chandail et t’essaies de te motiver un peu en te disant que le weekend s’en vient!

Lâche pas la patate Gérard, ça ne sera pas toujours de même. Il va y en avoir des pires, il va y en avoir des mieux, mais une chose est certaine, ton café chaud et ton bonheur sont plus proches que tu ne le penses. On est avec toi, dans le même bateau et on rame chacun de notre bord. Tiens bon, ça va bien aller.

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